Le bitume d’abord
Axel Lechartier, #52, pilote fondateur de SWSM Racing Team
Dans un paddock de supermotard, la question de l’origine revient toujours. D’où tu viens ? La réponse est presque toujours la même. Du motocross. La discipline s’est construite là-dessus, sur des pilotes formés à la terre qui sont venus chercher le bitume plus tard, souvent après une carrière tout-terrain déjà bien remplie.
Axel Lechartier fait exception. Il n’est pas venu au supermotard, il a commencé par là.
À contre-courant du paddock
Dix-sept ans, un premier guidon, et directement la discipline mixte. Pas de saisons de motocross en amont, pas de jeunesse passée dans les ornières. Le supermotard comme point d’entrée et non comme reconversion.
C’est une trajectoire rare, et elle produit un pilote au profil particulier. Là où la majorité du plateau arrive avec dix ans de terre dans les jambes et découvre progressivement l’asphalte, Axel a construit l’inverse. Une aisance immédiate sur le bitume, un rapport naturel à l’angle, au freinage, aux appuis. Le revêtement dur n’a jamais été un terrain d’adaptation pour lui. C’est son terrain.
« Le bitume, c’est là où je suis le plus rapide et, honnêtement, là où je prends le plus de plaisir. C’est venu tout de suite. »
Là où ça se joue
Le supermotard ne se gagne pourtant pas uniquement sur l’asphalte. C’est même l’inverse. Sur un tracé mixte, la section terre est fréquemment l’endroit où les écarts se creusent. Franchissements, réception de saut, gestion de la motricité sur une surface qui bouge, relance en sortie de portion. Autant de gestes que les pilotes issus du motocross exécutent par automatisme, sans y penser, parce qu’ils les ont répétés pendant des années.
Axel, lui, doit les construire. Et il ne s’en cache pas.
« La terre, c’est là où je pèche. C’est ce qui me manque encore pour jouer le tout haut de tableau. »
La phrase mérite d’être entendue pour ce qu’elle est. Un diagnostic, pas